Guide 2026 · Fin de contrat

Démission : préavis, indemnités et droits au chômage

Démissionner, c'est rompre son CDI de sa propre initiative — sans indemnité de licenciement, mais pas sans droits du tout. Voici le préavis à respecter et les cas, plus nombreux qu'on le croit, où l'ARE reste accessible.

Le préavis : combien de temps ?

Sa durée n'est pas fixée par la loi pour la plupart des salariés : elle dépend de ta convention collective, ou à défaut des usages de la profession et de la région. À titre indicatif :

CatégorieDurée usuelle
Ouvriers8 jours à 1 mois
Employés1 mois
Agents de maîtrise / techniciens1 à 2 mois
Cadres3 mois

Pendant le préavis, le contrat continue normalement : tu travailles, tu es payé, tes heures sup comptent toujours. Voir aussi le préavis côté licenciement →

Renard Consciencieux
Renard Consciencieux
Si tu ne fais pas ton préavis sans l'accord de l'employeur, il peut te réclamer une indemnité égale au salaire que tu aurais perçu pendant cette période. Demande toujours une dispense écrite si tu veux partir plus vite.

Démission et chômage : ce n'est pas toujours non

La règle de base : une démission « simple » ne donne pas droit à l'ARE. Mais deux portes restent ouvertes :

  • La démission légitime : une liste de 61 situations reconnues par l'Unédic (déménagement pour suivre un conjoint qui change d'emploi, démission pour cause de violences conjugales, non-paiement du salaire, etc.) ouvre droit à l'ARE dès le départ, sans délai d'attente supplémentaire.
  • Le dispositif démission-reconversion : si tu as un projet de reconversion ou de création d'entreprise et au moins 5 ans d'activité continue, tu peux faire valider ton projet par Transitions Pro avant de démissionner, et toucher l'ARE ensuite.
⚠️ Pour le dispositif démission-reconversion, la validation par Transitions Pro doit intervenir avant ta démission. Démissionner d'abord et demander la validation après ne fonctionne pas.

Ce que tu touches quand même

Même sans indemnité de licenciement, une démission donne droit à :

ÉlémentDû ?
Solde de salaire et heures supOui
Indemnité compensatrice de congés payésOui
Indemnité de licenciementNon
Solde du compte épargne-temps (CET)Oui, ou transfert
Renard Expert
Renard Expert
La démission doit être claire et non équivoque. Un coup de colère verbal ou un mail ambigu peut être contesté et requalifié — dans les deux sens. Si tu démissionnes, fais-le par écrit, posément, sans pression.

Cas particuliers

SituationTraitementÀ vérifier
Rétractation de la démissionPossible avec accord de l'employeur, délai raisonnableCirconstances entourant la démission initiale
Refus de la démission par l'employeurNon recevable, droit unilatéral du salariéContestation possible du caractère équivoque
Clause de non-concurrence après démissionContinue de s'appliquer sauf renonciation de l'employeurDélai de renonciation prévu par la clause
Droit au chômage après démissionNon ouvert sauf cas de démission légitime reconnuMotif précis de la démission
Témoignage illustratif
Témoignage (cas illustratif)
Julien, 29 ans, avait démissionné sous le coup de la colère suite à un désaccord avec son employeur, et souhaitait revenir sur sa décision quelques jours plus tard. Il a vérifié qu'une rétractation restait possible sous réserve de l'accord de son employeur, dans un délai raisonnable. Exemple fictif à visée pédagogique.

Questions fréquentes

Puis-je revenir sur ma démission ?

Une fois exprimée de façon claire et non équivoque, la démission est en principe irrévocable. Si elle a été donnée sous le coup de l'émotion ou sous pression, elle peut être contestée devant les prud'hommes, mais ce n'est pas automatique.

Mon employeur peut-il refuser ma démission ?

Non, la démission est un droit unilatéral du salarié : l'employeur ne peut pas s'y opposer. Il peut seulement discuter des modalités du préavis (dispense, aménagement).

Que devient ma clause de non-concurrence si je démissionne ?

Elle continue de s'appliquer comme en cas de licenciement, sauf si l'employeur y renonce dans les délais prévus. Voir le guide de la clause de non-concurrence →

Le préavis de démission est-il le même pour tous les salariés ?

Non, la durée du préavis de démission varie selon la catégorie professionnelle (ouvrier, employé, cadre) et les dispositions conventionnelles applicables, en l'absence de règle légale uniforme pour tous les salariés.

Puis-je être dispensé de mon préavis de démission ?

Oui, l'employeur peut accepter de dispenser le salarié de tout ou partie de son préavis, sur demande de ce dernier ; cette dispense doit en principe être formalisée par écrit pour éviter tout litige ultérieur.

Démission et HS : droits pendant le préavis

SituationRègle
HS pendant le préavis de démissionOui — mêmes règles que le contrat en cours
Dispense de préavis demandée par le salariéAccord employeur requis — pas de salaire sur la période non travaillée
Dispense de préavis imposée par l'employeurSalaire maintenu jusqu'à la fin du préavis théorique
HS antérieures à la démissionRéclamables dans les 3 ans
Solde de tout compte après démissionDoit inclure toutes les HS dues
Salarié démissionnaire · préavis 1 mois exécuté · 2 300 €/mois · 5 HS/sem
HS pendant préavis : 5h × 4,33 × 15,16 × 1,25410,46 €
Doit figurer dans le solde de tout compteVérifiez le détail
HS antérieures (2 ans avant démission) non payéesRéclamables sur 3 ans
Délai de contestation du solde6 mois après signature
HS pendant préavis + antérieures à vérifier410,46 € + antérieures

Chiffres indicatifs. Seul votre bulletin de paie fait foi.

Renard Expert
Renard Expert
La démission ne prive jamais le salarié de ses droits aux HS — ni celles du préavis, ni les antérieures. Vérifiez attentivement votre solde de tout compte avant de le signer, et n'hésitez pas à le contester dans les 6 mois si des HS manquent.
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