Guide 2026 · Licenciement

Licenciement nul en 2026 : causes, indemnités et réintégration

Un licenciement nul est plus grave qu'un licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il ouvre droit à la réintégration dans l'entreprise si le salarié le demande, et à des indemnités au moins égales aux salaires des six derniers mois, sans application du barème Macron.

Les principales causes de nullité d'un licenciement

Cause de nullitéBase légaleExemples
DiscriminationArt. L1132-4Licenciement lié à l'origine, la religion, le sexe, le handicap, l'orientation sexuelle, l'âge…
Grossesse / maternitéArt. L1225-4 et 5Licenciement pendant la grossesse ou les 10 semaines suivant le retour de congé maternité
Harcèlement moral ou sexuelArt. L1152-3 et L1153-4Licenciement en représailles à un signalement de harcèlement
Exercice d'un droit fondamentalArt. L1132-3-3Licenciement d'un lanceur d'alerte, d'un salarié ayant exercé son droit de grève ou de retrait
Mandat représentatifArt. L2411-1 et s.Licenciement d'un élu CSE ou DS sans autorisation de l'inspection du travail
Violation du statut protecteur AT/MPArt. L1226-9Licenciement pendant un arrêt AT/MP sans motif grave étranger à l'accident
La nullité est de plein droit : le juge la constate, sans pouvoir la moduler. Contrairement au licenciement sans cause réelle et sérieuse, le licenciement nul ouvre droit à la réintégration. Si le salarié ne souhaite pas être réintégré, il a droit à une indemnité minimale de 6 mois de salaire, non plafonnée par le barème Macron.
Renard Juriste
Renard Juriste · confirmé
Le licenciement nul n'est pas soumis au barème Macron (ordonnance du 22 sept. 2017). Le barème ne s'applique qu'aux licenciements sans cause réelle et sérieuse. Pour les nullités, le juge fixe librement l'indemnisation en fonction du préjudice réel, avec un minimum légal de 6 mois de salaire brut.

Procédure : réintégration ou indemnisation ?

OptionConditionCe que le salarié perçoit
RéintégrationDemandée par le salarié + possible pour l'employeurSalaires dus depuis le licenciement jusqu'à réintégration
Indemnisation sans réintégrationChoix du salarié ou réintégration impossibleMinimum 6 mois de salaire + indemnité de licenciement + toutes indemnités dues
Réintégration refusée par l'employeurEmployeur oppose l'impossibilité matérielleIndemnisation majorée appréciée librement par le juge
En cas de licenciement d'un représentant du personnel sans autorisation, la nullité est absolue. Le salarié peut exiger sa réintégration immédiate, et le juge peut l'ordonner en référé. L'employeur qui refuse une réintégration ordonnée commet une voie de fait.
Renard Héros
Renard Héros
Si vous pensez être victime d'un licenciement discriminatoire, notez tout immédiatement : chronologie des faits, témoignages, différences de traitement avec des collègues. La preuve de la discrimination est partagée : vous présentez des éléments qui laissent supposer une discrimination, l'employeur doit ensuite prouver que sa décision est étrangère à tout motif discriminatoire.

Cas particuliers

SituationTraitementÀ vérifier
Discrimination syndicaleNullité automatique du licenciement fondé sur l'activité syndicaleLien réel entre motif invoqué et activité syndicale
Signalement de harcèlement suivi d'un licenciementNullité possible si représailles au signalementChronologie entre signalement et licenciement
Réintégration demandéeNon automatique, choix du salarié entre réintégration et indemnisationVolonté explicite du salarié sur ce point
Lanceur d'alerte licenciéNullité possible si le signalement respecte les conditions légalesConformité du signalement aux lois Sapin 2/Waserman
Témoignage illustratif
Témoignage (cas illustratif)
Sandra, 38 ans, responsable qualité, a été licenciée peu après avoir signalé des manquements graves à la sécurité alimentaire dans son entreprise. Estimant qu'il s'agissait de représailles à son signalement, elle a saisi le conseil de prud'hommes en invoquant la nullité de son licenciement, s'appuyant sur la chronologie précise entre son signalement et la procédure de licenciement engagée contre elle. Exemple fictif à visée pédagogique.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre licenciement nul et licenciement abusif ?

Le licenciement abusif (sans cause réelle et sérieuse) est un licenciement dont le motif est insuffisant ou inexistant — il ouvre droit à des indemnités selon le barème Macron (de 0,5 à 20 mois de salaire selon l'ancienneté). Le licenciement nul porte atteinte à un droit fondamental — il ouvre droit à la réintégration et à des indemnités d'au moins 6 mois sans plafonnement.

Puis-je être licencié pendant mon congé maternité ?

Non, sauf faute grave non liée à la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour une cause étrangère à la grossesse. Toute violation de cette protection est une cause de nullité absolue. La protection s'étend aux 10 semaines suivant le retour de congé maternité (ou d'adoption).

Le délai pour contester un licenciement nul est-il différent ?

Non, la prescription est la même : 1 an à compter de la notification du licenciement pour contester le motif devant les prud'hommes (art. L1471-1, depuis la loi de 2018). Cette prescription courte rend urgent de consulter rapidement un avocat ou un syndicat après réception de la lettre de licenciement.

Un licenciement pour discrimination syndicale est-il automatiquement nul ?

Oui, un licenciement fondé sur l'appartenance ou l'activité syndicale du salarié constitue une discrimination et entraîne la nullité du licenciement, avec droit à réintégration ou indemnisation renforcée.

Le salarié doit-il prouver l'intention de l'employeur pour faire annuler son licenciement ?

Non, le salarié doit présenter des éléments de fait laissant supposer l'atteinte à un droit fondamental ; c'est ensuite à l'employeur de démontrer que sa décision repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination ou atteinte à un droit protégé.

La réintégration après un licenciement nul est-elle automatique ?

Le salarié peut demander sa réintégration, mais elle n'est pas automatique : il peut aussi choisir de ne pas la demander et opter uniquement pour l'indemnisation, notamment si la relation de confiance avec l'employeur est rompue.

Un licenciement lié à un signalement de harcèlement peut-il être jugé nul ?

Oui, un licenciement en représailles d'un signalement de harcèlement moral ou sexuel constitue une atteinte à un droit fondamental et peut être déclaré nul par le conseil de prud'hommes.

Quels sont les autres cas fréquents de nullité d'un licenciement ?

L'exercice normal du droit de grève, la dénonciation de faits de corruption en tant que lanceur d'alerte, ou l'exercice d'une action en justice contre l'employeur font partie des motifs pouvant entraîner la nullité d'un licenciement fondé sur ces éléments.

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