Astreinte · Article L3121-9

Astreinte : ce qui compte comme du travail, et ce qui n'en est pas

Être d'astreinte, c'est rester joignable et prêt à intervenir — pas forcément chez toi. L'astreinte elle-même n'est pas du temps de travail. Mais dès que tu interviens, ça en devient, avec heures sup à la clé si tu dépasses 35 h.

Astreinte, garde, intervention : 3 notions à distinguer

  • Astreinte : tu n'es pas sur ton lieu de travail, tu peux vaquer à tes occupations, mais tu dois rester joignable et pouvoir intervenir. Ce n'est pas du temps de travail effectif.
  • Garde : tu dois rester sur ton lieu de travail. Toute la durée est du temps de travail effectif — c'est une notion différente de l'astreinte, à ne pas confondre.
  • Intervention : dès que tu interviens réellement (sur place ou à distance), cette durée — trajet compris — devient du temps de travail effectif, payé comme tel.

La compensation de l'astreinte : obligatoire, mais sans taux fixe

Le temps d'astreinte sans intervention doit obligatoirement donner lieu à une compensation — financière, en repos, ou les deux. Mais comme pour le travail de nuit, le Code du travail ne fixe aucun montant : c'est l'accord collectif qui en décide, ou à défaut l'employeur, après avis du CSE et information de l'inspection du travail.

Bon à savoir : la prime d'astreinte est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu comme un salaire classique — contrairement aux heures sup, elle ne bénéficie pas du régime de défiscalisation à 7 500 €.

Un exemple concret

Un salarié à 16,50 €/h est d'astreinte un vendredi soir de 18h à 8h (après ses 35 h hebdomadaires déjà effectuées). Il intervient 2 h, plus 1 h de trajet aller-retour. Son accord prévoit une indemnité d'astreinte de 50 % du taux horaire, et une majoration de 25 % pour les heures sup.

Astreinte 14h (18h-8h) · intervention 2h + 1h de trajet
Prime d'astreinte (14 h × 16,50 € × 50 %)115,50 €
Intervention + trajet (3 h × 16,50 € × 125 %)61,88 €
Total de la nuit177,38 €

Les heures d'astreinte « pures » (sans intervention) restent payées à un taux forfaitaire bien inférieur au temps de travail effectif. Chiffres indicatifs.

L'impact sur ton repos

L'astreinte sans intervention n'interrompt pas ton repos quotidien (11 h) ou hebdomadaire (35 h) : elle compte dedans. Mais si tu es appelé pour une intervention, ton repos est interrompu — l'employeur doit alors t'accorder la durée de repos complète à partir de la fin de l'intervention, sauf si tu avais déjà bénéficié de ce repos avant le début de l'astreinte.

Qui peut être mis d'astreinte ?

En théorie, tout salarié — y compris les cadres au forfait, qui ont aussi droit aux compensations. Seule exception notable : les cadres dirigeants, qui n'ont pas droit à compensation pour l'astreinte, sauf disposition contraire de leur contrat.

Si l'astreinte est prévue par un accord collectif, elle s'impose à toi même si ton contrat ne la mentionne pas. En l'absence d'accord, sa mise en place constitue une modification de ton contrat — que tu peux refuser.

Questions fréquentes

Avec quel délai dois-je être informé de mes astreintes ?

Le délai doit être « raisonnable », fixé par l'accord applicable. À défaut, la pratique retient généralement un minimum de 15 jours à l'avance.

Mon employeur doit-il me remettre un document chaque mois ?

Oui, c'est une obligation légale (article R3121-2) : un document récapitulant tes heures d'astreinte du mois et la compensation correspondante doit t'être remis.

Existe-t-il une limite d'âge pour les astreintes ?

Non, la loi n'en fixe pas. Certaines conventions collectives prévoient toutefois une dispense à partir d'un certain âge (55 ans dans certains accords).

🦊

Astreinte ou intervention, distingue les deux

L'appli t'aide à séparer le temps d'astreinte du temps d'intervention réel — et à calculer les heures sup qui en découlent. Sans inscription.

100 % gratuit sans compte fonctionne hors-ligne tes données restent chez toi
Outil pédagogique indépendant, sans affiliation à un organisme officiel. Les calculs sont indicatifs : seule ta convention collective et ton bulletin de paie font foi. En cas de doute, rapproche-toi de ton service RH, d'un syndicat, ou de l'inspection du travail.