Guide 2026 · Restructuration

Prêt de main-d'œuvre illicite 2026 : où est la limite avec l'intérim légal

Être « prêté » à une autre entreprise sans passer par l'intérim ou un cadre légal précis peut constituer un délit pour les employeurs concernés. Voici comment distinguer une pratique légale d'un marchandage répréhensible.

Le cadre légal

PratiqueLégalité
Intérim via une agence agrééeLégal, cadre spécifique (contrat de mission)
Prêt de main-d'œuvre à but non lucratif entre entreprises (Art. L8241-2)Légal sous conditions strictes (facturation au coût réel, accord du salarié)
Mise à disposition à but lucratif hors cadre légal (marchandage)Délit pénal pour les deux employeurs

Le marchandage (article L8231-1) est caractérisé lorsque la mise à disposition de main-d'œuvre a un but lucratif pour l'entreprise prêteuse et cause un préjudice au salarié (privation d'un avantage, ou contournement des règles applicables dans l'entreprise utilisatrice).

Renard Encyclopédie
Renard Encyclopédie
Le prêt de main-d'œuvre à but non lucratif est parfaitement légal entre entreprises d'un même groupe ou partenaires, à condition que l'entreprise prêteuse ne facture que le coût réel (salaire, charges, frais professionnels) sans aucune marge — toute marge bénéficiaire transforme l'opération en marchandage potentiellement délictueux.

Cas particuliers

SituationTraitementÀ vérifier
Prêt régulier sans passer par l'intérimLégal sous conditions strictes, sinon marchandage illiciteRespect des conditions légales (accord, avenant, facturation limitée)
Employeur condamné pour marchandageRequalification possible avec l'entreprise utilisatriceReconnaissance judiciaire du marchandage
Vérification des conditions du prêtAccord écrit, convention, facturation aux coûts réelsRespect effectif de ces conditions
Refus du salarié d'être prêtéPossible, accord nécessaire en principeAbsence de sanction légitime en cas de refus
Témoignage illustratif
Témoignage (cas illustratif)
Yassine, 30 ans, était régulièrement envoyé travailler chez un client de son employeur sans qu'aucun avenant à son contrat ni accord formel n'ait jamais été établi. En vérifiant les conditions légales du prêt de main-d'œuvre, il a identifié une situation potentiellement illicite et a consulté un avocat pour faire valoir ses droits. Exemple fictif à visée pédagogique.

Questions fréquentes

Mon employeur me « prête » régulièrement à une autre entreprise sans passer par l'intérim : est-ce légal ?

Cela peut être légal si c'est à but non lucratif (facturation au coût réel) et avec ton accord. Si l'opération génère un profit pour ton employeur ou te prive d'avantages dont tu aurais bénéficié en restant chez ton employeur d'origine, c'est potentiellement un marchandage illégal.

Quelles sont les conséquences pour moi si mon employeur est condamné pour marchandage ?

Le salarié victime peut prétendre à des dommages-intérêts pour le préjudice subi, et dans certains cas demander la requalification de sa relation de travail avec l'entreprise utilisatrice réelle.

Quel est le point de vigilance à connaître sur ce sujet ?

Vérifier que tout prêt de main-d'œuvre fait l'objet d'un accord écrit du salarié, d'une convention de mise à disposition entre les deux entreprises, et que la facturation ne dépasse pas les coûts réels supportés par l'employeur d'origine.

Le prêt de main-d'œuvre à but lucratif est-il toujours interdit ?

Non, il existe des exceptions légales (travail temporaire, portage salarial, groupements d'employeurs) où un prêt de main-d'œuvre avec marge bénéficiaire est autorisé dans un cadre réglementé spécifique.

Puis-je refuser d'être prêté à une autre entreprise ?

Oui, le prêt de main-d'œuvre nécessite en principe l'accord du salarié concerné, formalisé par un avenant à son contrat de travail ; un refus ne peut normalement pas justifier une sanction si les conditions légales ne sont pas réunies.

Le CSE doit-il être consulté avant un prêt de main-d'œuvre ?

Oui, la mise en place d'un prêt de main-d'œuvre à but non lucratif nécessite en principe la consultation préalable du CSE dans les entreprises qui en sont dotées.

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Marchandage et prêt illicite : HS et responsabilités

SituationLégal ou illicite ?Conséquence pour le salarié
Intérim via agence déclaréeLégalDroits HS selon CCN entreprise utilisatrice
Prêt de salarié entre sociétés liées (à but non lucratif)Légal si non lucratifDroits HS maintenu par l'employeur d'origine
Sous-traitance de main-d'œuvre pure (marchandage)IlliciteRequalification possible en contrat de travail
Faux indépendant imposé par une entrepriseIllicite (salariat déguisé)Requalification + rappel de HS + congés payés
Salarié déguisé en indépendant · 5 000 €/mois facturés · 50h/sem · requalifié sur 2 ans
Salaire brut reconstitué : 5 000 × 0,85 (hors TVA)4 250 €/mois
HS non payées : 15h/sem × 104 sem × 28,01 × 1,375~60 000 €
Congés payés non pris : 10 % × rémunération totale~10 200 €
Créances totales en requalification> 70 000 €

Le contentieux de requalification est complexe. Consultez impérativement un avocat. Chiffres indicatifs.

Juriste
Renard Juriste · confirmé
La requalification d'un contrat de prestation de services en contrat de travail ouvre droit à tous les avantages du salariat — y compris les HS sur les 3 dernières années, les congés payés, la protection contre le licenciement, et les indemnités correspondantes. L'employeur et le donneur d'ordre peuvent être solidairement condamnés.