Guide 2026 · Restructuration

Transfert d'entreprise 2026 : ton contrat est-il maintenu ?

Ton entreprise est vendue, fusionnée, ou son activité reprise par un autre employeur ? L'article L1224-1 du Code du travail prévoit un maintien automatique de ton contrat de travail, sans que tu aies à signer quoi que ce soit ni que ton accord soit requis.

Le cadre légal

L'article L1224-1 du Code du travail dispose que lorsque survient une modification dans la situation juridique de l'employeur (fusion, vente, cession, mise en société), tous les contrats de travail en cours au jour de la modification se poursuivent automatiquement entre le nouvel employeur et le personnel de l'entreprise. C'est un transfert de plein droit : ni le salarié ni les employeurs n'ont à donner leur accord pour qu'il s'applique.

Renard Renard Omniscient
Renard Renard Omniscient
Le transfert ne s'applique que s'il y a transfert d'une « entité économique autonome » qui conserve son identité (mêmes moyens, même clientèle, même activité poursuivie). Une simple reprise d'une partie isolée d'un marché ou d'un contrat commercial, sans transfert de moyens, n'entraîne pas automatiquement ce mécanisme — sauf disposition spécifique de ta convention collective (fréquente dans la propreté ou la sécurité privée, par exemple).

Ce qui change, et ce qui ne change pas

  • Maintenu automatiquement : ton ancienneté, ton salaire, ta qualification, les clauses de ton contrat (sauf renégociation ultérieure).
  • Le nouvel employeur reprend les obligations de l'ancien, y compris les sommes dues avant le transfert (salaires, heures sup non payées).
  • Les accords collectifs de l'ancienne entreprise peuvent continuer à s'appliquer temporairement (préavis de 15 mois en général) avant que ceux du nouvel employeur prennent le relais.
  • Un licenciement ne peut pas être justifié par le seul fait du transfert : le motif du licenciement doit être indépendant du changement d'employeur.

Cas particuliers

SituationTraitementÀ vérifier
Licenciement juste après le transfertLe seul fait du transfert ne peut pas le justifierMotif réel et sérieux invoqué
Changement de prestataire (nettoyage, sécurité)Transfert pas automatique en droit commun, sauf garantie conventionnelle spécifiqueClause de garantie d'emploi de la convention du secteur
Accords collectifs de l'ancienne entrepriseSurvie temporaire (souvent 15 mois) avant relais par le nouvel accordDate d'expiration de la période de survie
Créances salariales antérieures non payéesReprises par le nouvel employeur, dans la limite de la prescription de 3 ansBulletins de paie et décomptes d'heures antérieurs
Témoignage illustratif
Témoignage (cas illustratif)
Thomas, 45 ans, agent de sécurité, a vu son employeur perdre le marché qu'il occupait au profit d'une autre société. Sa convention collective de la sécurité privée prévoyant une garantie d'emploi spécifique, il a été automatiquement repris par le nouveau prestataire, avec maintien de son ancienneté et de ses heures sup non payées du mois précédent. Il a dû réclamer ces sommes directement auprès du nouvel employeur, muni de ses anciens bulletins de paie. Exemple fictif à visée pédagogique.

Questions fréquentes

Puis-je refuser le transfert de mon contrat ?

En principe non : le transfert s'opère de plein droit, sans que ton accord soit nécessaire. Si tu refuses de continuer à travailler pour le nouvel employeur, cela s'analysera en général comme une démission de ta part, sauf circonstances particulières (modification substantielle du contrat que tu peux refuser, par exemple un changement de lieu de travail non prévu par une clause de mobilité).

Mes heures supplémentaires non payées avant le transfert sont-elles perdues ?

Non. Le nouvel employeur est tenu au paiement des créances salariales nées avant le transfert, y compris des heures sup non payées, dans la limite de la prescription de 3 ans. Tu peux réclamer ces sommes directement au nouvel employeur.

Le nouvel employeur peut-il me licencier immédiatement après le transfert ?

Non, le seul fait du transfert ne peut pas justifier un licenciement : le motif invoqué doit être indépendant du changement d'employeur et reposer sur une cause réelle et sérieuse propre à la situation.

Que devient mon ancienneté après un transfert d'entreprise ?

Elle est intégralement maintenue : l'ancienneté acquise chez l'ancien employeur se cumule avec celle effectuée chez le nouvel employeur, sans interruption du calcul.

Ma convention collective change-t-elle automatiquement après un transfert ?

Les accords collectifs de l'ancienne entreprise peuvent continuer à s'appliquer temporairement (période de survie, souvent 15 mois), le temps qu'une nouvelle négociation intervienne ou que la convention du nouvel employeur prenne le relais.

Un simple changement de prestataire (marché de nettoyage, sécurité) entraîne-t-il toujours ce transfert ?

Pas automatiquement selon le droit commun, sauf si une entité économique autonome est réellement transférée ; en revanche, certaines conventions collectives (propreté, sécurité privée) prévoient une garantie d'emploi spécifique qui reprend les salariés affectés au marché, indépendamment de ce critère.

Puis-je négocier de meilleures conditions avec le nouvel employeur au moment du transfert ?

Rien ne l'empêche par la négociation, mais le nouvel employeur n'est pas obligé d'accepter : le contrat se poursuit aux conditions antérieures, sauf accord ultérieur modifiant ces conditions.

Le CSE doit-il être informé et consulté avant un transfert d'entreprise ?

Oui, le CSE doit en principe être informé et consulté sur le projet de transfert lorsqu'il est susceptible d'affecter l'organisation, la gestion ou la marche générale de l'entreprise.

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